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 I got no time [Aleksey]

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MessageSujet: I got no time [Aleksey]   Ven 10 Fév - 22:55


Le hall d’attente de l’hôpital était plein de cette effervescence propre à la fin de matinée, alors que les silhouettes se pressaient et se remplaçaient dans un rythme presque affolant. Observant du coin de l’œil cette activité, Iren se reposait sur un banc, épuisée par la batterie de tests qu’elle venait de passer depuis le début de matinée.

La jeune femme s’était réveillée en retard, devant alors se presser pour arriver à temps à son premier rendez-vous, avec le radiologue. Sa hâte avait réveillé la douleur qui somnolait dans son dos, et le médecin avait alors refusé de la laisser repartir sans que l’islandaise ne se soumette à un scan et une prise de sang. Après un entretient, bien trop long aux yeux de la rouquine, le médecin avait conclu qu’elle ne prenait pas ses anti douleurs, et lui en avait prescrit de nouveaux ; c’était cette ordonnance qu’elle tenait entre ses doigts, lisant pensivement parfois les noms étrangers de médicaments qu’elle se refusait à prendre.  Elle avait également des carences, et sa perte de poids inquiétait le personnel médical. Il faut dire que depuis qu’elle ne pouvait plus danser, Iren avait perdu tout appétit, restant comme impuissante face à l’état de son corps. Non, ce n’était pas elle. Et pourtant, cette enveloppe qui autrefois lui permettait de s’exprimer était devenue sa prison.

Après cela, elle avait patienté une heure, et le médecin était revenu la voir, visiblement inquiet. Il lui avait passé un sermon. Elle ne prenait pas ses fortifiants et semblait de pas assez ménager son corps aux yeux du spécialiste. Cela avait légèrement aggravé l’état de sa jambe, qui peinait à se remettre des opérations successives qu’elle avait subie. Si Iren ne faisait, selon lui, il faudrait trois mois avant qu’une nouvelle intervention ne soit nécessaire. Bien sûr, le risque de finir dans un état pire que celui dans lequel elle était avant de passer au bloc augmentait au fil des opérations ; mais c’était inconcevable pour elle.

« Foutez-moi la paix. »

Elle avait finalement murmuré ça, sans méchanceté dans la voix, mais parce qu’elle se refusait à entendre ce que l’homme lui proposait, désormais. Peut-être qu’un fauteuil roulant pourrait l’aider à se préserver. Marcher était un effort presque herculéen, pour elle, lorsque ses crises se manifestaient. Monter les marches était un calvaire. Il aurait été plus raisonnable de lâcher l’affaire, et de se résoudre à adopter, parfois, cette autre solution. Cependant, l’image de sa mère la hantait. Non, impossible.

« Je ne toucherai pas à un fauteuil. »

La voyant s’entêter comme cela, l’homme poussa un soupir, la laissant seule pour réfléchir à sa décision, après lui avoir remis deux papiers supplémentaires. L’un deux, pour ses fortifiants. La seconde… c’était plus une brochure. Sur ce dont il venait de lui parler. Iren la posa sur ses genoux, pliant pensivement le papier. Elle avait ses résultats, elle pouvait partir… essayant de se lever, garder une expression neutre lui demanda soudainement un effort immense alors que la douleur fusait en elle comme un coup de feu.

Elle se figea, restant alors assise, et prenant le parti de laisser passer la crise. La sportive ne pouvait de toute manière pas se lever en cet instant, elle n’avait aucun choix. Le regard pensif d’Iren parcourut alors le hall autour d’elle, alors que ses doigts se resserraient nerveusement autour de la brochure, comme pour se tenir à quelque chose de tangible. Son calme apparent masquait totalement la détresse qui l’habitait désormais ; elle était restreinte, incapable de bouger, soumise et prisonnière à ce corps qui n’était pour elle qu’un grotesque étranger.


Note : j'écris en #333399
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MessageSujet: Re: I got no time [Aleksey]   Sam 11 Fév - 3:17



I got no time
Avec Iren Nakahara

L'hôpital encore et toujours. Cet endroit blanc et froid, c'était devenu une routine de venir ici maintenant. Ce n'était pas agréable, mais Aleksey n'avait pas le choix. Tous les mois où les deux semaines, il était convié pour passer plusieurs examens afin de déterminer l'avancement de sa maladie et ainsi changer les doses de ses nombreux médicaments qui avec le temps devenaient moins efficaces. Bien sûr d'après lui c'était complètement stupide de faire et refaire les tests, ça lui montrait uniquement à quelle vitesse son corps était en train de lâcher et ça l'attristait énormément, mais bon ça semblait important pour son médecin de voir son évolution. Il est en soin palliatif, on ne pouvait pas le laisser tranquille et lui faire avaler de la morphine à fond pour qu'il n'aille pas mal? Et bien non, il faut aussi le torturer mentalement un peu avec ça.

De plus, aujourd'hui ce n'était pas une très bonne journée pour le jeune homme qui avait des douleurs musculaires partout et une grosse migraine. Malgré tout avant d'aller à son rendez-vous, il était rentré travaillé vers 3h du matin afin de préparer des choses pour la journée. C'était le propriétaire et le chef, alors il ne pouvait pas se permettre de fermer boutique une journée à cause de ça, il ferait faillite s'il prenait congé tous les jours où il ne se sentirait pas bien. C'était comme ça, le rouquin endurait son mal pour faire ce qui le passionnait. Par chance, Alek ne bossait pas seul, il avait un apprenti avec lui et deux jeunes filles qui s'occupaient du comptoir pour vendre ces produits. Il y a des limites à ses capacités quand même.

Alors, lorsque ses employés arrivèrent, il prit congé pour partir à l'hôpital en sachant parfaitement qu'il pouvait avoir confiance en eux. C'était les seuls de son entourage à être au courant de son état de santé, après tout c'était difficile de leur cacher, même son père ne savait rien. Lui dire une telle chose, alors que la mort de sa femme, donc sa mère, le rendait encore triste, c'était impensable. Le jeune homme était donc parti attendre à l'hôpital les poches replient de bonbons et un morceau de gâteau dans la bouche. Il a très peu d'appétit, alors quand son ventre cri famine, il mange ce qu'il aime le plus. Des sucreries. Tant pis si c'est mauvais pour lui.

Le russe était resté un bon moment à attendre dans la salle d'attente avant qu'on le dirige pour les nombreux tests de routine, dont des prises de sang. Une fois ceci terminait, une heure après, il rencontra son médecin dans un entretien pour lui parler des résultats qui étaient arrivés vraiment rapidement. Comme on s'y attend, aucune bonne nouvelle ne sorti de la bouche du spécialiste. Enfin, ce n'est pas comme s'il attendait qu'on lui dise que sa maladie mortelle s'était complètement évaporé et qu'il allait vivre encore des années, ce genre de pensée était vite disparu après tous les rendez-vous. Ça n'allait pas bien et ça n'irait plus jamais bien. Il n'avait plus de temps....

Après de nombreuses prescriptions et des conseils, qu'il n'allait surement pas suivre, il pouvait partir. Son corps était fichu, le pire qui pouvait lui arriver, à part la mort, était qu'il soit cloué au lit avec plus aucune autonomie. Un corps complètement mort, mais avec toute sa conscience... Cette idée l'effrayait énormément, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'y penser, surtout que les nombreux papiers qu'il tenait prouvaient qu'il se rapprochait de ce stade.

Toujours égarer dans ces pensées pendant qu'il marchait pour rejoindre la sortie, il fonça dans une infirmière qui était pressée et échappa ces ordonnances. Cette dernière poursuivit son chemin le laissant se démerder avec sa misère. Ramasser ces fichus bouts de papier fut toute une épreuve et une fois accomplie, le jeune homme poursuivit son chemin. Malheureusement son corps lui fit comprendre rapidement que les efforts qu'il avait fournis aujourd'hui étaient trop importants et que s'il ne se reposait pas maintenant, il n'allait plus coopérer. Cette journée n'était vraiment pas bonne et elle venait à peine de commencer. Il s'appuya contre un mur pour souffler quelques instants observant les va et vient des gens de la salle d'attente. Le rouquin remarqua un banc tout près d'une jolie jeune femme. Ce serait bien mieux qu'un mur pour pouvoir se reposer tranquillement. Il s'avança donc avant de s'adresser à la personne.

- Ça ne vous dérange pas si je m'assois?

Bien que ceci soit une question, le jeune homme ne fut pas capable d'attendre une réponse. L'étranger se laissa littéralement choir sur ce banc en lâchant un soupir de soulagement comme si ce banc était la plus belle chose au monde. Un peu plus et il perdait connaissance au milieu du corridor et il aurait été coincé ici encore plus longtemps avec encore plus d'examen en bonus. Le jeune homme se pencha un peu en avant tout en passant ses mains sur son visage éreinté et malade. Maudite maladie, pourquoi ça tombait sur lui? Pourquoi n'avait-il pas le droit de vivre comme tout le monde? Pourquoi n'avait-il pas plus de temps? Refusant de sombrer de nouveau dans la dépression, il se redressa et sortit un brownie d'un sac qu'il avait traîné avec lui.

Alek commença à déballer le petit gâteau et regarda discrètement la jeune femme près de lui. Rousse, joli visage, c'était une belle femme, aucun doute. Ses yeux se baissèrent doucement vers les mains de cette dernière. Bien qu'elle semblât parfaitement calme, ces jolies mains la trahissaient. Cette pauvre brochure, mais bon lui aussi avait déjà torturé certaines choses à cause de sa nervosité. Elle attendait peut-être des résultats? Il faut dire qu'il n'avait pas pris le temps de regarder ladite brochure. Le grand roux décida de sortir un autre brownie de son sac avant de le tendre spontanément à la jeune inconnue.

- Vous en voulez?

Dit-il avec sa voix la plus sympathique et un léger sourire. Qui pouvait refuser un si bon petit gâteau? Rien de mieux pour remonter le moral ou calmer quelqu'un, il les avait faits lui-même en plus ce matin.

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MessageSujet: Re: I got no time [Aleksey]   Sam 11 Fév - 12:47


Les hôpitaux angoissaient Iren. Il faut dire qu’elle n’y avait jamais eu aucun bon souvenir, comme la plupart des gens en ce monde. La première fois que l’enfant s’était retrouvée dans ces longs corridors blancs, c’était parce que son père lui avait annoncé, d’une voix inquiète, que sa mère s’était écroulée et n’allait pas bien. La première chose que la jeune danseuse vit à l’hôpital fut la ballerine clouée à un lit aux draps clairs, le regard éteint, une aiguille dans le bras lui dispensant d’importantes doses de morphines. Depuis ce jour, la jeune femme s’était régulièrement rendue à l’hôpital, accompagnant souvent sa mère, lorsqu’elle fut en âge de pousser elle-même son fauteuil. C’était devenu une routine pour elle, les examens, attendre dans la salle d’à côté, parfois en passer, acquiescer aux recommandations des médecins sans jamais les écouter.

Bien sûr, tout cela avait pris une tournure tout à fait différente lorsqu’Iren se retrouva à la place de sa mère, les mêmes draps la recouvrant et une aiguille similaire l’empêchant de se tordre de douleur. Elle qui n’était que simple spectatrice comprit brutalement la douleur physique et mentale qui venait s’ajouter à l’angoisse, pour les malades. Bien sûr, elle le savait déjà, en un sens. Sa mère ne s’était pas brisée pour rien. Cependant, le ressentir était quelque chose de complètement différent. A partir de ce jour, la lassitude que lui inspiraient les hôpitaux s’était muée en une angoisse sourde, car chaque visite lui rappelait à quel point elle était proche de sa déchéance physique.

Que faire alors ? Ce n’était pas une paralysie pure et simple qui l’attendait en un premier temps, car elle ressentirait toute la douleur, en prime. Cependant, le haut de son corps ne semblait pas affecté, c’était ce que les médecins lui répétaient lorsqu’ils tentaient de se faire positifs. Sa condition était avant tout liée à l’état de ses muscles et de ses os. S’ils étaient désormais fichus au niveau du bas de son dos et de sa jambe, elle n’en mourrait pas. Du moins, pas si elle ne détruisait pas encore plus ce qui lui restait de membres sains. La jeune femme était plus fragile que ce qu’elle voulait bien penser après tout. Mais se résigner à un fauteuil… c’était pour elle le paroxysme de sa déchéance. Pourtant, elle savait parfaitement que beaucoup s’accommodaient de cette difficulté et que de grands sportifs ne pouvaient plus utiliser leurs jambes. Mais c’était trop à assimiler pour le moment. Cela faisait à peine un an…

« Ça ne vous dérange pas si je m’assois ? »

Une voix d’homme la tira de sa réflexion. Levant les yeux vers lui, elle constata qu’il n’avait pas attendu son accord pour se poser à ses côtés, un peu lourdement. Elle le lui en tint pas rigueur ; il était clair sur le visage de l’inconnu que pouvoir se poser venait de lui procurer un soulagement immense. Et Iren ne connaissait que trop bien cette expression.

« Non, aucun problème. »

Elle eut un mince sourire à son égard, sa voix un peu éteinte à cause de la douleur qui continuait de la traverser. Reportant son attention sur la brochure froissée toujours entre ses doigts, la jeune femme ne semblait pas prête à l’abandonner, la serrer l’aidant à supporter son calvaire. La tête lui tournait un peu, mais ne pas bouger l’aidait à calmer la douleur.

Portant un instant son attention sur l’homme à côté d’elle, l’ancienne danseuse remarqua qu’il s’était un peu courbé, comme en pleine réflexion. Son visage semblait un peu éteint, malade, il était clair qu’il était dans cet hôpital pour lui-même et pas pour quelqu’un d’autre. Le voyant se redresser et reprendre contenance, la jeune femme décida de ne pas lui faire l’affront de lui demander si tout allait bien. Evidemment que non, ce visage indiquait clairement que quelque chose était grave et qu’il souffrait. Iren l’observa un peu à la volée, ne voulant pas l’importuner par un regard trop insistant. L’homme était roux, comme elle, c’était une couleur de cheveux assez rare pour être remarquée. Ses traits indiquaient qu’il n’était pas entièrement japonais. Il était grand, également.

Le voyant se tourner vers elle, pour lui tendre un gâteau, la jeune femme paru un peu surprise, un sourire venant finalement effacer cette expression. Elle tenta de se tourner légèrement pour lui faire un peu plus face, par politesse, cette action la faisant se crisper un instant après coup. Iren se mordit l’intérieur de la lèvre, prévenant toute grimace d’apparaître sur son visage. Non, vraiment, aujourd’hui n’était pas un bon jour. Elle avait effectué cette action très lentement, ce qui pouvait peut-être paraître étrange, et espérait qu’il ne s’en offusque pas. Ce n’était pas par désintérêt qu’elle faisait cela, seulement pour se préserver un peu. Prenant une légère inspiration pour chasser toute manifestation de sa crise, elle le remercia.

« C’est très gentil à vous. Merci. »

Une de ses mains relâchant la brochure martyrisée, les quelques caractères qui épelaient l’objet de son désarroi bien froissés, désormais, elle prit délicatement le brownie qu’il lui tendait, la pâtisserie semblait délicieuse. Iren ne mangeait que rarement sucré, gardant par habitude le régime qu’elle s’imposait lorsqu’elle dansait, ayant bien sûr réduit les doses. Il n’était pas bon de manger autant lorsqu’on ne pratiquait plus d’activité physique. Et puis, elle n’avait plus vraiment d’appétit. Portant le gâteau à ses lèvres, elle en prit une bouchée, son sourire s’épanouissant un peu plus alors qu’elle regardait le rouquin :

« C’est délicieux ! Vous les avez fait vous-même ? »

La voix d’Iren était assez vive, énergique. Elle contrastait avec son attitude calme. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas mangé quelque chose d’aussi bon, et la lueur dans les yeux bleus de la jeune femme montrait qu’elle était enchantée.
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MessageSujet: Re: I got no time [Aleksey]   Sam 11 Fév - 20:44



I got no time
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Par chance la jeune femme ne sembla pas s'énerver, car Aleksey s'était laissé tomber sur le banc à côté d'elle sans attendre sa réponse. C'était tellement agréable d'enfin pouvoir poser son derrière sur quelque chose, bien qu'il est fait à peine quelque mètre entre ici et le bureau du docteur. Ce qu'il aimerait retrouver ses forces de sa jeunesse, m'enfin s'il avait déjà été en forme un jour. Le jour où il avait été arrêté, le jeune homme n'avait pas perdu connaissance pour rien au beau milieu de la baraque. La maladie était déjà là et s'il n'avait pas été si con, il aurait peut-être évité le pire. Dommage que le retour dans le temps n'est pas possible.

Bref, le petit gâteau en main, le rouquin souriait doucement à la jeune femme qui semblait plutôt surprise. Cela arrive pas tous les jours que quelqu'un décide de vous offrir de la nourriture par simple gentillesse. Cette dernière c'était légèrement tourner vers lui pour lui faire face. Ce mouvement, bien que simple, semblait être difficile pour la jeune femme. Le jeune homme ne l'avait pas raté, mais n'irait pas lui demander ce qu'elle avait ou si elle allait bien, pour rester poli, mais aussi certaine personne n'aime pas parler de leur état, comme lui. Le pâtissier resta souriant et attendit patiemment que la rousse se retourne et prenne la pâtisserie.

« C’est très gentil à vous. Merci. »

Normalement il offrait ces pâtisseries aux enfants coincés à l'hôpital, car tout le monde sait que la nourriture de l'établissement est dégueulasse et que les gamins sont toujours contents de recevoir des sucreries. D'ailleurs, il était devenu habitué à cet endroit, alors les enfants et leur famille le connaissait déjà très bien, car il faisait sa tournée presque toutes les fois qu'il venait. La pâtisserie est faite pour être partagé et donner le sourire, alors ça le rendait heureux de faire ça pour eux. Puis même s'il n'avait jamais vu cette jeune femme avant, Alek avait ressenti son trouble, c'est pourquoi il lui avait donné ce petit gâteau. L'ancien voleur était rendu doué maintenant pour voir ce qui clochait chez les gens et celle-là n'était pas vraiment heureuse en cet instant.

Malheureusement aujourd'hui, il n'aurait probablement pas la force de faire la tournée des chambres et cela l'attristait de ne pas pouvoir voir le regard joyeux des enfants, mais bon ce n'était pas mieux s'il perdait connaissance non plus. Il essayerait de venir pendant la semaine, une journée où il irait mieux, ces jours étaient de plus en plus rares et que peut-être bientôt il ne pourrait plus faire ceci. En tout cas, une fois en main, elle prit sa première bouchée sous l'oeil attentif du jeune homme. Il était persuadé qu'elle allait adorer, c'est la recette à sa mère, personne n'y résiste, mais on ne sait jamais, les goûts des gens sont tous différents. Mais c'est impossible de ne pas aimer les sucreries pas vrai? Le sourire radieux de la jeune femme lui fit rapidement comprendre qu'elle appréciait.

« C’est délicieux ! Vous les avez fait vous-même ? »

Voir toute cette énergie émaner de cette femme, réchauffa un peu le coeur du Russe. C'est pourquoi il faisait ce métier, voir les sourires et la joie sur les visages des autres à peine à la première bouchée c'était la meilleure chose. Au moins dans ces moments de déprime, il pouvait y penser et se dire que son existence n'était pas complètement inutile. Il donnait du bonheur même pendant des journées difficiles. Contrairement à ce qu'il faisait autrefois qui ne lui apportait que des problèmes et des gens qui le détestent. Son sourire s'élargit un peu plus avant de lui répondre.

« Ouais, vous avez de la chance, ils sont frais du jour ! »

Les poches de sa veste étaient remplies de petits bonbons et de sucettes et son sac la même chose. On n'est jamais trop prudent quand on va à l'hôpital, il ne faut pas en manquer, bien que ce ne soit pas très bon pour la santé en prendre trop. Il n'est pas gros, il ne fait pas de diabète, alors tout va bien. Alek mangea une bouchée de son brownie qu'il savoura avant d'avaler. Excellent ! Comme d'habitude, mais comme il ne se sentait pas très bien, il espérait qu'il ne remonte pas pour tout vomir plus tard, ça serait dommage… Les yeux du jeune homme se baissèrent une nouvelle fois vers la main qui tenait encore la brochure et cette fois, il prit le temps de voir ce que c'était. Un fauteuil hein? Le pire cauchemar pour beaucoup de malade.

Il est vrai qu'une telle chose pourrait lui être aussi pratique à long terme. Le jeune pâtissier n'aurait plus à forcer ces jambes et son corps douloureux en étant toujours dans un fauteuil, certes la douleur ne risquait pas de disparaître, car sa maladie s'attaquait à tout son organisme, mais il serait moins fatigué. Il y a bien sûr toujours des désavantages, Alek allait devoir déménager dans un endroit plus adapté à sa condition, car son appartement actuel n'était pas fait pour des handicapés, même chose pour sa boutique. Il devrait tout ajuster à son niveau et ça couterait une fortune, il n'avait certainement pas l'argent pour cela et s'il le faisait et que son père lui rendait visite, il devinerait tout de suite. Donc tant qu'il pourra mettre un pied devant l'autre, cette chaise serait hors de question. Il n'allait pas devancer sa perte d'autonomie non plus.

Ces yeux quittèrent ce pauvre bout de papier froissé. C'est donc ça qui troublait cette si jolie jeune femme. Il ne la connaît pas et ne connaît pas son état, mais si c'est ce qui la rendait nerveuse, alors autant essayer de lui changer les idées. La vie est trop courte, il n'y a pas assez de temps, alors il faut vivre à fond et ne pas trop penser, bien qu'il ne suit pas toujours son propre conseil. Le boulanger tendit doucement sa main libre vers elle.

« Je m’appelle Aleksey, enchanté ! »

Il faut être poli avec une belle femme quand même ! Les présentations sont nécessaires. Le sourire toujours présent sur son visage bien qu'il sentait son ventre tout à l'envers à cause de sa bouchée. Ce serait la honte de tout rejeter maintenant, alors il n'allait pas engloutir sa pâtisserie trop vite ou peut-être la garder pour plus tard…

« Je viens assez souvent ici pour savoir qu’on peut attendre très longtemps, alors si vous avez faim, n’hésitez pas à demander, j’ai toutes sortes de petits pains et pâtisseries dans mon sac. »

Bien qu'il mît tout son coeur dans cette conversation, sa voix était plutôt faible et il ne pouvait rien n'y faire. Son médecin lui avait tout de même recommandé de rentrer chez lui immédiatement pour se reposer, mais il n'avait pas envie. Le russe voulait vivre, pas dormir tout le temps et ça serait dommage de ce privé de ces rayonnant yeux bleus devant lui.


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MessageSujet: Re: I got no time [Aleksey]   Dim 12 Fév - 12:56


L’homme devant elle semblait être quelqu’un de gentil. Dans cet hôpital indifférent, ou il lui semblait parfois n’être qu’un numéro et une source de problèmes, cette gentillesse réchauffait le cœur d’Iren. Souvent, les gens étaient trop accablés par leur propre malheur pour prêter attention aux autres, allant même jusqu’à tenter de se purger de leurs angoisses sur les patients ou familles autour d’eux. Dans les moments les plus extrêmes, un simple banc pouvait devenir source de conflits. C’était déjà arrivé à Iren de devoir hausser le ton face à un accompagnateur stressé ou désagréable, qui refusait d’admettre qu’une jeune femme semblant en bonne santé comme elle ne puisse leur céder sa place. C’était aussi pour cela qu’elle abhorrait les hôpitaux. Il y avait toujours la crainte qu’une personne ne vienne lui chercher problème, car son handicap n’était pas visible lorsqu’elle était ainsi immobile. La seule chose qui le rendait évident était la vue de ses cicatrices, car la jeune femme s’était même entraînée pour que sa démarche ne trahisse pas sa peine. Il y avait bien pire qu’elle. Ce n’était pas mortel. Alors, le mot handicap était l’un de ceux qu’elle ne pouvait pas encore accepter d’associer à sa condition.

La robe verte légère qu’elle portait aujourd’hui, comme toutes ses autres tenues, ne laissait pas voir les stigmates de ses opérations. Il arrivait encore à Iren de sursauter en les voyant, alors comment accepter de les montrer en publique ? Bien sûr, cela l’avait obligée à reléguer au fond de son armoire des habits qu’elle affectionnait, mais pour le moment il était hors de question de laisser entrevoir les marques rougeâtres sur son corps. C’était trop personnel et trop douloureux pour qu’elle puisse supporter le regard des gens sur elles, ou pire, une remarque. D’ordinaire, Iren n’était pas du genre à se soucier de ce que les autres pensaient d’elle, mais ces deux lignes créaient en elle tout un mal-être.

L’islandaise reprit une bouchée du gâteau, la saveur riche du chocolat l’aidant à chasser un peu ses mauvaises pensées. La jeune femme appréciait sincèrement le geste de l’inconnu. C’était rare, de manière générale, de voir autant de bienveillance en quelqu’un. Et cette pâtisserie était vraiment excellente. On aurait plus dit le travail d’un professionnel que d’un amateur ; c’était peut-être le cas après tout.

En tout cas, sa remarque semblait lui avoir fait plaisir car il souriait de plus belle désormais. Il y avait quelque chose de triste dans cet homme, quelque chose qu’elle avait appris à reconnaître. Cette tristesse n’inspirait cependant aucune pitié à Iren, la pitié étant pour elle la pire chose que l’on pouvait recevoir en ce monde. Non, c’était plus de la compassion, un certain entendement, car bien qu’elle ignore son état, la jeune femme avait souvent vu une telle expression sur bien des visages. Parmi eux, ceux de sa mère, qui avait abandonné tout espoir d’avenir. Au moins lui souriait, et Iren voulait conserver encore un peu ce sourire. Lorsque tout allait mal, c’était bien la seule chose qui pouvait leur rester.

Elle remarqua un instant son regard sur la brochure qu’elle tenait entre ses doigts, se  figeant un peu, presque gênée. C’était bête comme réaction, lui n’allait certainement pas mieux qu’elle, et il n’avait pas l’air de la juger. Mais elle se sentait comme prise en flagrant délit, de quoi ? Aucune idée. C’était délicat comme sujet pour elle, la danseuse ayant même commencé à édulcorer un peu les rapports sur son état auprès de son père, pour qu’il ne vienne pas à lui proposer une telle alternative. Si elle ne supportait pas l’idée que son propre père puisse l’imaginer dans un fauteuil, alors comment le faire avec un inconnu ? Il resta cependant silencieux sur cela, n’allant pas tenter d’en faire un sujet de conversation. La jeune femme appréciait sa discrétion. A la place, il partit sur autre chose, lui tendant la main.

« Je m’appelle Aleksey, enchanté ! »

Un sourire étira les lèvres de la jeune femme lorsqu’il se présenta. Aleksey, c’était un nom russe. Elle ne s’était pas trompée, il avait bien, comme elle, des origines étrangères. Lâchant finalement la brochure, qu’elle posa à ses côtés pour qu’elle ne tombe pas à terre, sachant pertinemment qu’elle ne pourrait pas se baisser pour la ramasser, elle prit alors délicatement la main qu’il lui tendait, la lui serrant. Le sourire qu’elle affichait était sincère.

« Enchantée alors, Aleksey. Je m’appelle Iren. »

Tout en se présentant, elle observa les yeux émeraude de son interlocuteur, qui ne trahissaient pas la gentillesse dont il avait fait preuve jusque-là. Haussant légèrement un sourcil lorsqu’il énonça la quantité de nourriture présente dans son sac, la jeune femme rit légèrement, amusée. Ce n’était pas un rire moqueur, elle était seulement un peu étonnée, mais peut-être amenait-il une telle quantité de sucreries pour quelqu’un en particulier, ici. La nourriture y était déplorable après tout.

« C’est gentil, merci. »

Regardant un instant autour d’eux, la rouquine secoua doucement la tête, haussant légèrement les épaules avec un mince sourire un peu gêné.

« Je n’ai plus de rendez-vous ici, à vrai dire, mais je me reposais un peu avant de pouvoir rentrer chez moi. »

Sa compagnie l’avait sortie de ses mornes pensées et la voix d’Iren était claire et pouvait sembler presque enjouée. Il ne servait à rien de mentir en disant qu’elle attendait quelque chose ou quelqu’un, ce n’était pas nécessaire dans l’enceinte de cet hôpital. Et puis, il lui avait déjà prouvé qu’il n’était pas de ceux allant l’embêter avec ça ou la plaindre, alors la jeune femme s’épargnait une excuse et un bobard inutile.

« Et vous préparez tout cela vous-même ? »

Qu’il ait autant de choses dans son sac l’étonnait un peu, était-ce seulement un passe-temps ? Iren était curieuse, et puis cette question lui permettait d’entretenir un peu plus la conversation. La compagnie d’Aleksey était agréable, et elle n’avait pas envie de continuer à se morfondre dans ces tristes corridors.
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MessageSujet: Re: I got no time [Aleksey]   Dim 12 Fév - 19:21



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Avec Iren Nakahara

Quel magnifique sourire ! C'était tout ce qui lui passa par la tête lorsqu'il se présenta à elle. Le jeune Russe aimait vraiment les femmes, alors une femme qui sourit c'est encore mieux ! C'était dommage qu'il ne puisse jamais trouver la femme de ces rêves et un jour fondé une famille, comme il le souhaitait. Jamais, au grand jamais, il ferait vivre une telle vie à une personne qu'il aime. Il avait à peine 5 à 10 ans à vivre et peut-être moins, il n'en savait rien. Elles méritaient toutes mieux qu'un mec mourant et qui deviendra un lourd fardeau un jour après sa perte de mobilité. C'était hors de question, il resterait seul afin que personne n'aille à s'occuper de lui ou vivre un deuil après sa mort. Le jeune homme s'en voudrait de briser le coeur à quelqu'un, son père serait déjà suffisant lorsqu'il comprendra que rien ne va chez lui. Il allait vivre sa vie à fond, mais sans s'attacher à une femme à qui il ferait du mal.

La main de la jeune femme prit la sienne avec une telle délicatesse. Elle la lui serra avant de se présenter à son tour. Iren était un magnifique prénom, bien qu'il ne sût pas dire de quelle origine elle venait. Ce n'était pas trop son fort. Peu importe, ça lui allait bien et c'est tout. Une fois les présentations faites, il récupéra sa main et la vit rigoler doucement lorsqu'il parla de la nourriture se trouvant dans son sac. Ça faisait toujours réagir quand il disait ça, mais bon ça peut paraître étranger aussi à transporter autant si on ne connaît pas la raison. Il l'amusait c'était déjà ça, elle ne pensait pas à son mal pendant ce temps et puis elle ne se moquait pas de lui.

« C’est gentil, merci. »

Le sourire du pâtissier semblait coller à son visage et il ne la quittait pas des yeux un seul instant. Alek pencha légèrement la tête sur le côté ne comprenant pas cette gêne qui venait de la gagner.

« Je n’ai plus de rendez-vous ici, à vrai dire, mais je me reposais un peu avant de pouvoir rentrer chez moi. »

L'ancien voleur hocha doucement la tête après ces mots. Alors, comme lui, elle était clouée sur ce banc. À l'exception de sa nervosité et de ses yeux qui lui avaient semblé tristes un peu plus tôt, on ne pouvait pas distinguer directement l'état dans lequel elle était. C'était comme lui, la douleur n'est pas forcément visible à l'extérieur et puis les gens essayent toujours de se montrer plus fort qu'ils ne le sont réellement. Il ne faut pas se fier aux apparences, on ne pourrait pas deviner qu'il est en train de mourir, on pourrait dire qu'il a une grosse grippe à cause de son teint malade, mais en réalité c'est bien pire. C'était peut-être grave ce qu'avait cette jeune femme pour ne pas être capable de bouger de là et la brochure démontrait aussi qu'elle avait un problème grave.

Malgré tout, il n'irait pas lui demander davantage d'explication à ce sujet. D'un, ce n'était pas ces affaires et de deux, elle ne voudrait surement pas en parler à un inconnu. Son regard sur la brochure un peu plus tôt lui avait bien fait comprendre qu'elle était mal à l'aise. Sa présence avait apaisé ces pensées il ne ferait pas l'erreur de retourner dans un sujet qui la tourmentait.

« Et vous préparez tout cela vous-même ? »

Oh que oui ! Tout était maison, c'était rare qu'il arrêtait dans un supermarché pour acheter des pâtisseries maintenant. Ça n'avait pas le même goût que les choses faites maison. Puis, il ne s'ennuyait pas et avait le temps de faire tout ça lui-même, alors ça ne servait à rien d'acheter du tout fait. Les enfants sont encore plus contents quand la nourriture est faite des mains de la personne qui l'offre.

- Oui, en fait, j'ai une pâtisserie pas loin d'ici, je fais donc tout moi-même avant de venir... Mais ce n'est pas que pour moi, je risque d'être malade si j'avale tout ça.

Déjà qu'une bouchée avait réussi à lui retourner l'estomac, il ne serait surement pas capable de manger tout le contenu du sac à-lui seul. Enfin, peut-être autrefois il en aurait été capable. C'est un manique de sucre !

- Normalement, c'est pour les gamins qui sont coincés ici. Je fais le tour et je leur donne deux ou trois pâtisseries pour qu'il mange autre chose que des trucs dégueulassent de l'hôpital. Ils sont toujours contents quand j'arrive.

Sa dernière phrase sembla l'attrister légèrement, car il savait qu'il n'aurait pas la force d'aller faire le tour des chambres et faire plaisir aux enfants. Aleksey était coincé sur ce banc et aurait même du mal à rentrer. La seule chose de bien c'est qu'il était en agréable compagnie. Il quitta des yeux la jeune femme un instant.

- Malheureusement, je ne crois pas que ma tournée soit possible aujourd'hui...

Sa voix fut encore plus faible et triste après avoir énoncé ce fait évidant. Son regard se perdit un instant autour de lui, son sourire ayant disparu cette fois. Il était franchement doué pour se briser le moral tout seul, mais bon il était assez instable. Parfois très joyeux et à la seconde qui suit, il déprimait. Le rouquin lâcha un soupir avant de passer une main sur sa nuque douloureuse avant de se retourner vers la jeune femme en reprenant un sourire qui cette fois semblait un peu embarrasser. Il s'était laissé emporter, alors qu'il essayait de remonter le moral à la rousse.

- Bon après ce n'est pas trop grave j'irai demain, ils ne m'auront pas pris une quantité astronomique de sang au moins !

Il est préférable d'en rire que trop s'apitoyer. Le pâtissier ne voulait pas non plus attirer Iren dans la dépression avec lui, ça serait con. Il ne souhaitait pas aussi qu'elle pense que c'était à cause d'elle qu'il avait soudaine changer d'attitude. Il devait se contrôler un peu et profiter de cette compagnie agréable, bien qu'ils soient dans un lieu déprimant.

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MessageSujet: Re: I got no time [Aleksey]   Lun 13 Fév - 22:45


Sourire lui allait bien mieux que la mine abattue qu’il affichait tout à l’heure, tout de même.
Même si celui-ci était un peu fatigué, Aleksey avait un beau sourire et cela faisait plaisir à l’islandaise. Iren aimait voir les gens enjoués, c’était une force qui pour elle était indispensable. Alors, lorsqu’elle voyait un tel sourire sur le visage de son interlocuteur, bien sûr que cela lui plaisait. A bien y penser, cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas entretenu une conversation avec un parfait inconnu. Depuis son déménagement, la jeune femme évitait les attaches. Elle s’était bien sûr socialisée avec ses collègues de travail, mais tentait de garder leurs relations au strict minimum. Psychologiquement parlant, l’ancienne danseuse n’était pas prête pour se rapprocher de quiconque. Pas qu’elle n’aime pas les autres, bien au contraire ! Elle avait justement trop peur d’être un fardeau.

Il faut dire qu’elle ne marchait pas vite, et ne pouvait pas courir ou vraiment se presser, et cela érigeait entre elle et les autres un grand mur. Aussi, la rousse ne voulait pas faire souffrir quiconque de son état. Ce n’était peut-être pas la meilleure solution, mais elle tentait de se convaincre qu’elle porterait seule son fardeau. Personne d’autre qu’elle n’aurait à le subir. Cela s’appliquait autant à l’amitié qu’aux relations amoureuses. Bien sûr, la jeune femme n’était pas un être solitaire et elle souffrait de la distance qu’elle tentait d’imposer. Tôt ou tard, c’était certain qu’elle craquerait un peu sa coquille, mais à contrecœur. Si elle venait à trouver un ou une partenaire, la culpabilité de devoir les impliquer dans sa routine quotidienne, la rééducation et les séances à l’hôpital, lui pèserait beaucoup. Alors, pour le moment, elle avait réussi à s’éloigner un peu des autres. Mais cette conversation la rappelait inévitablement à sa véritable nature. Iren était extravertie et curieuse. Elle n’y pouvait rien.

Ah, alors il était pâtissier ! Voilà qui expliquait la qualité de ses sucreries et également la quantité qu’il emmenait avec lui. A l’énonciation de son métier, la jeune femme eut un sourire. Elle avait toujours eu beaucoup d’admiration pour les commerçants qui devaient se lever tôt et confectionner eux-mêmes leur marchandise. Fille de fleuriste, elle connaissait bien les sacrifices qu’un tel secteur d’activité exigeait. Pour lui, c’était cuisiner, tôt le matin. Pour son père, qu’elle accompagnait souvent avant, c’était préparer les bouquets de fleurs fraiches, se rendre au marché de fleurs, dans les hangars froids pour sélectionner ce qui ferait ses prochaines créations.

« Alors c’est pour ça que votre gâteau est si bon ! Vous êtes doué, il faudra que je vienne dans votre boutique, un jour. »

Enfin, si j’arrive à me lever de ce banc.
Un sourire radieux, elle chassa aussitôt cette mauvaise pensée. Peut-être qu’un peu plus de sucre l’aiderait à se remonter le moral après tout. Elle n’en savait rien. Iren aimait les pâtisseries mais n’avait jamais été une inconditionnelle du sucre ; elle n’avait pas vraiment pris l’habitude d’en prendre après tout, dans son enfance.

Un sourire étira de plus belle les lèvres d’Iren lorsqu’il lui annonça que ces pâtisseries étaient d’ordinaire réservées aux enfants de l’hôpital. C’était une belle initiative. A vrai dire, c’étaient les gens comme lui qui aidaient les gamins à retrouver un peu d’espoir entre ces murs froids. Ayant passé beaucoup de temps parmi les autres enfants malades, lorsqu’elle attendait la fin des examens de sa mère, Iren savait à quel point une attention bienveillante pouvait changer une journée.

« C’est adorable comme attention. Ce sont les gens comme vous qui permettent aux enfants d’être un peu plus optimistes sur leur condition. »

Il était vraiment gentil. Mais la fin de sa phrase semblait l’avoir un peu attristé, était-ce parce qu’il n’était pas en très bon état aujourd’hui ?

« Malheureusement, je ne crois pas que ma tournée soit possible aujourd'hui... »

Donc c’était ça. Le voyant déprimer un peu, la rouquine posa sa main sur l’une des siennes, dans un geste de réconfort. Toucher ainsi les gens n’était pas si commun au japon, mais on ne pouvait pas dire qu’elle avait reçu une éducation traditionnelle. Et puis, la jeune femme était assez tactile. Elle massa un moment le dessus de sa main avec son pouce, comme on le fait à une personne anxieuse et triste. Son sourire était compatissant, elle comprenait. Retrouvant son regard émeraude, elle sourit de plus belle, un peu enjouée, pour lui remonter le moral et essayer de chasser un peu ses mauvaises pensées, comme il l’avait fait pour elle.

« Ce n’est pas grave ! Les enfants comprendront, vous savez. Il faut vous préserver un peu aussi, et comme ça, vous serez plus en forme pour aller les voir un autre jour. Je sais d’expérience qu’il n’est pas bon de trop forcer sur notre condition, alors allez à votre rythme ! »

Et pour cause, ça lui avait coûté sa mobilité. Elle voyait bien qu’il était dans un mauvais état physique, lui aussi, alors rien ne servait de l’aggraver. La jeune femme hocha la tête, encourageante, lorsqu’il s’essaya à un peu plus d’optimisme.

« Il fait beau, et le jardin de l’hôpital est assez calme à cette heure. Lorsque nous serons tous deux en état de nous lever, voudrez-vous changer un peu d’endroit ? Ces murs blancs font déprimer, à la longue. »

Il n’y avait que quelques pas d’ici au jardin, et ils y seraient certainement mieux. Iren n’avait pour le moment pas la force de rentrer chez elle, mais s’ils devaient continuer cette conversation, alors autant le faire dans un endroit plus agréable non ? Et ce serait aussi une manière de lui changer un peu les idées, tous deux semblaient avoir passé une rude matinée.
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MessageSujet: Re: I got no time [Aleksey]   Dim 19 Fév - 8:13



I got no time
Avec Iren Nakahara

Bien que le jeune homme commence à déprimer légèrement, la belle rousse, elle semblait avoir oublié ces problèmes et était radieuse, surtout à l'annonce de son métier. Faire ce qu'il fait, c'est-à-dire boulanger, pâtissier et chocolatier, n'était pas pour tout le monde. C'est un travail exigeant physiquement et même si son médecin lui recommandait d'arrêter, il ne voulait pas. C'était la seule chose qui lui restait d'important et il allait continuer temps qu'il pourra tenir debout. En tout cas, ce qui est sûr c'est que si elle venait un jour dans sa boutique, il irait lui-même l'accueillir et lui ferait gouter toutes sortes de choses gratuitement. Le russe était toujours fort sympathique avec sa clientèle féminine et encore plus quand c'est des connaissances.

Tous les compliments qu'elle lui fit pour faire ce qu'il fait pour les enfants étaient bien apprécié. À part les gamins et les parents qui le complimentait sur le gout de ces pâtisseries tous en le remerciant, les médecins et infirmière eux n'était pas tous forcément joyeux de voir leur patient, qui doivent être contrôlés niveau nourriture, manger toutes sortes de sucrerie par forcément bonne pour la santé. Par chance, l'avis des médecins lui passait très haut au-dessus de la tête et il leur apportait à chaque fois un petit cadeau. Ça les rendait un peu plus optimistes comme venait de dire la jeune femme. Ce que ça l'énervait de ne pas être capable de faire le tour afin de leur donner le contenu de son sac et il ne faisait pas confiance aux personnels, ils n'iraient surement pas le faire à sa place.

Sa déprime ne semblait pas avoir atteint la rouquine qui lui avait pris doucement la main dans un geste de réconfort. Alek était plutôt surpris de ce geste qui n'était pas très commun ici. Deux personnes qui viennent de se rencontrer ne se touchent pas ainsi normalement dans ce pays. Après, ça ne lui dérangeait pas, sa mère était Japonaise, mais il avait passé beaucoup de temps en Russie, la mentalité des gens est complètement différente là-bas. Il avait donc conservé ces habitudes Russes, tout comme un léger accent qui peut sonner bizarre en japonais. Bref, tout ça pour dire qu'il lui était reconnaissant de vouloir le réconforter, comme il avait fait quelques instants plus tôt. Bien qu'aucun des deux ne connaissait l'état de l'autre, ça ne les empêchait pas de vouloir s'entraider et c'était rare de tomber sur quelqu'un qui puisse le comprendre un peu.

« Ce n’est pas grave ! Les enfants comprendront, vous savez. Il faut vous préserver un peu aussi, et comme ça, vous serez plus en forme pour aller les voir un autre jour. Je sais d’expérience qu’il n’est pas bon de trop forcer sur notre condition, alors allez à votre rythme ! »

Il n'avait pas trop le choix de toute façon. Elle avait raison, il ne devait pas trop forcer sur sa condition, mais d'un autre côté, il ignorait combien de temps il lui restait exactement avant de ne plus pouvoir bouger un seul membre, alors il souhaitait profiter du temps qu'il lui restait pour répandre un peu de bonheur entre ces murs... L'ancien voleur ne pouvait pas se permettre de toujours reporter au lendemain, il ignorait ce que le destin lui réservait. Mais aujourd'hui, il devait se résigner et essayer de penser à autres choses pour éviter de déprimer encore plus.

« Il fait beau, et le jardin de l’hôpital est assez calme à cette heure. Lorsque nous serons tous deux en état de nous lever, voudrez-vous changer un peu d’endroit ? Ces murs blancs font déprimer, à la longue. »

Ces quelques mots lui firent retrouver un sourire un peu plus sincère. Changer d'endroit leur ferait surement du bien à tous les deux. Dans ce genre de lieu, on ne peut s'empêcher d'avoir des idées noires et c'était bien la dernière chose dont lui et la rousse avait besoin après une journée pareil. Ils devaient arrêter de trop penser pour le moment ! Aleksey hocha doucement la tête.

- C'est une bonne idée. Ce n'est pas très agréable d'être ici.

Même avec toute la fatigue accumulée et ces membres douloureux, il n'hésiterait pas un seul instant à se lever et quitter ce couloir froid. Il s'était arrêté, car il allait perdre connaissance, sinon il aurait poursuivi son chemin malgré tout. Bon tant mieux, il avait fait la rencontre d'une belle jeune femme très gentille, ça ne serait pas arrivé s'il n'avait pas eu cette soudaine envie de plonger tête première vers le sol. Mais... Allait-elle être capable de ce lever maintenant? Lui était prêt à avoir mal pour pouvoir sortir, mais la jeune femme semblait clouée à ce banc depuis plus longtemps que lui, alors peut-être n'allait-elle pas être capable de bouger pour un moment encore?

- Allons prendre un peu d'air frais !

Aleksey décida de se lever, avec beaucoup de mal, tout son corps réagit à ce mouvement, dont sa tête qui recommença à tourner, mais il conserva son sourire et tenta de l'oublier. Le pâtissier se retourna vers la jeune femme et lui tendit tranquillement la main afin de l'aider. Il faut toujours être galant avec une belle femme !

- Vous êtes capable de vous lever maintenant? Dites-moi, je ne souhaite pas vous forcer si vous en n'êtes pas capable.

Imposer son rythme était la dernière chose qu'il souhaitait. Il voulait sortir pour éviter de replonger dans une nouvelle déprime, car de l'air frais ça fait toujours du bien, mais il était prêt à se rasseoir et attendre encore si elle n'était pas prête. Le jeune homme n'allait pas la laisser la toute seule à se morfondre de nouveau et il souhaitait poursuivre leur discussion...

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